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Limitation des déplacements entre les départements, port du masque, tests, ouverture des écoles… Le Premier ministre français, Édouard Philippe, a présenté mardi sa « stratégie nationale de déconfinement » devant l’Assemblée nationale. Son plan a été approuvé par les députés.

L’après-11 mai ne sera pas synonyme de retour à la vie normale. Le Premier ministre Édouard Philippe a posé les contours, mardi 28 avril, d’un plan de déconfinement qui prévoit notamment une limitation de la circulation sur le territoire français, de nouvelles pratiques de distanciation sociale dans les transports en commun, et un retour progressif à l’école. Le monde de la culture et du sport restera bouleversé au moins jusqu’à septembre.

Ces annonces, qui interviennent après plus de 40 jours de confinement liés à la pandémie de Covid-19,ont été approuvées par les députés français à 368 voix contre 100 en fin d’après-midi.

Port du masque obligatoire dans les transports

Il y aurait « assez de masques dans le pays pour faire face aux besoins à partir du 11 mai », a tout d’abord promis Édouard Philippe lors de son discours devant les députés.

Il était « préférable » d’en porter dans « de nombreuses circonstances », mais les masques en revanche seront obligatoires dans les transports en commun, pour les professionnels de la petite enfance, ainsi que pour les élèves à partir du collège. Pour ces derniers, il en sera fourni à ceux « qui n’auraient pas réussi à s’en procurer ».

Au contraire, les masques seront interdits pour les enfants de moins de 3 ans et à la maternelle, à cause des risques de mauvaises utilisations pour les plus jeunes, qui pourraient s’avérer dangereuses.

Tester, identifier et isoler les malades du Covid-19

Pour ce qui est des tests, l’objectif est de « réaliser au moins 700 000 tests virologiques par semaine au 11 mai », qui seront pris en charge à 100 % par l’assurance maladie, a dit le Premier ministre.

« Dès lors qu’une personne aura été testé positive, nous engagerons un travail d’identification et le test de tous ceux, symptomatiques ou non, qui auront eu un contact rapproché avec elle. Tous ces cas contacts seront testés et seront invités à s’isoler, compte tenu des incertitudes sur la durée d’incubation », a expliqué Édouard Philippe.

Des hôtels seront réquisitionnés pour héberger les personnes malades à isoler si cela n’est pas possible à leur domicile, a indiqué le Premier ministre.

Un déconfinement par code couleur selon les départements

Le déconfinement sera différencié le 11 mai entre les départements « vert », où il sera appliqué largement, et « rouge », où il prendra une forme plus stricte, a annoncé mardi Édouard Philippe.

Pour cela, trois critères seront étudiés le 7 mai pour déterminer dans quel département « la circulation du virus reste active », « les capacités hospitalières en réanimation restent tendues » et « le système local de tests et de détection des cas contacts ne soit pas suffisamment prêt », a précisé le Premier ministre devant les députés.

Pour les plus de 65 ans, sur l’ensemble du territoire français, Édouard Philippe demande de continuer à limiter les contacts et les sorties, y compris après le 11 mai. Il n’y aura aucun contrôle mais les visites et les sorties de personnes âgées devront être « entourées de précaution ».

Limitation des déplacements entre départements

D’après Édouard Philippe, il sera possible de circuler sans attestation à partir du 11 mai, sauf « pour les déplacements à plus de 100 km du domicile, qui ne seront possibles que pour un motif impérieux, familial ou professionnel ».

Les transports en commun entres les régions seront réduits afin de veiller au respect de cette dernière consigne sanitaire.

Moins de trains, un siège sur deux dans le métro

Le port du masque sera obligatoire à partir du 11 mai dans les transports en commun, y compris dans les bus scolaires, ainsi que dans les taxis et les véhicules de tourisme avec chauffeur (VTC).

Les transports interrégionaux seront réduits au maximum et une réservation obligatoire sera exigées dans tous les trains (TGV et autres).

Dans le métro parisien, la capacité sera réduite pendant au moins trois semaines à partir du 11 mai. Afin de respecter la distanciation sociale, Édouard Philippe exige que soit condamné « un siège sur deux ». Il demande de « favoriser, par des marquages au sol la bonne répartition sur les quais, se préparer à limiter les flux en cas d’affluence ».

Chômage partiel maintenu, télétravail encouragé

Le Premier ministre a demandé mardi « avec insistance » aux entreprises de maintenir le télétravail « partout où c’est possible, au moins dans les trois prochaines semaines ».

Pour ceux qui ne pourront pas reprendre le travail, le dispositif de chômage partiel sera maintenu jusqu’au 1er juin.

Les commerces rouvrent… sauf les restaurants

La réouverture des commerces a été annoncées pour le 11 mai. Le port du masque est vivement recommandé pour personnel et clients. Les préfets pourront néanmoins maintenir fermés les centres commerciaux de plus de 40 000 m2.

En revanche, les cafés-restaurants resteront fermés. Pour ces derniers, le gouvernement prendra une décision fin mai, pour savoir s’ils peuvent ouvrir après le 2 juin, a précisé le Premier ministre.

Réouverture des maternelles et « priorités d’accueil » en crèche

Concernant le retour à l’école des enfants, le gouvernement « propose une réouverture très progressive » des écoles maternelles et élémentaires à compter du 11 mai, « partout sur le territoire, et sur la base du volontariat ».

Les crèches rouvriront elles aussi à partir du 11 mai, dans la limite de dix enfants maximum par espace et avec port du masque obligatoire pour les professionnels de la petite enfance. Cette réduction des capacités pose « la question des priorités d’accueil », a soulevé le chef du gouvernement, demandant aux gestionnaires de privilégier les couples d’actifs qui ne peuvent pas télétravailler et les familles monoparentales, ainsi que les enfants des soignants et des professeurs.

Quant aux collèges, ils pourront rouvrir à partir du 18 mai, « mais seulement dans les départements où la circulation du virus est très faible », a précisé Édouard Philippe. « Nous pourrons envisager d’ouvrir les collèges, en commençant par la 6e et la 5e« , a-t-il ajouté.

Enfin, la décision de rouvrir les lycées pour début juin serait prise fin mai.

Mariages, enterrements, cérémonies restent limités

Le gouvernement limite les rassemblements « à 10 personnes » à partir du 11 mai.

« Les cérémonies funéraires resteront évidemment autorisées », mais « comme aujourd’hui dans la limite de 20 personnes », a précisé le Premier ministre. Les cimetières rouvriront le 11 mai.

Les lieux de culte pourront rester ouverts, a déclaré Édouard Philippe, mais les cérémonies religieuses, tels que les mariages et les baptêmes ne pourront pas se dérouler « avant le 2 juin ». Il est préférable que les mariages soient reportés, a-t-il demandé.

 

Culture, sports et loisirs bouleversés 

« Tous les évènements qui regroupent plus de 5 000 participants » ne « pourront se tenir avant le mois de septembre », a indiqué Édouard Philippe. Ainsi les grandes manifestations sportives, culturelles, notamment les festivals, et les grands salons professionnels devront être annulés ou reportés.

Frappés de plein fouet par les conséquences de cette crise sanitaire, les cinémas, théâtres, grands musées et salles de concert resteront fermés après le 11 mai, contrairement aux médiathèques, bibliothèques et petits musées qui pourront rouvrir leurs portes.

Dans le domaine sportif, Édouard Philippe a évoqué le cas de la saison 2019-2020 de sports professionnels, notamment celle de football, qui « ne pourra pas reprendre ».

Enfin, les plages, fermées depuis le début du confinement, resteront « inaccessibles au public au moins jusqu’au 1er juin », a précisé le Premier ministre.

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