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La fondation dirigée par Bill et Melinda Gates a appelé mercredi à une collaboration internationale pour fabriquer un vaccin contre la COVID-19 et le diffuser dans le monde entier, annonçant une contribution de 150 millions de dollars US pour aider les pays pauvres à combattre la pandémie.

« Quand vous luttez contre un nouveau pathogène comme la COVID-19 et que vous identifiez un vaccin qui marche, il va falloir des milliards de doses », a expliqué Mark Suzman, le directeur général de la fondation, à des journalistes.

« Il y a sept milliards de gens sur la planète et nous devrons vacciner pratiquement tout le monde, mais nous n’avons pas les capacités de production », a-t-il ajouté.

Alors que plus d’une centaine d’essais de vaccins sont en cours, « nous avons besoin de groupes internationaux pour suivre ces efforts, trouver ceux qui ont le plus de chances de succès et commencer très tôt à planifier leur production », a-t-il affirmé.

Les gouvernements devraient selon lui « unifier leurs efforts et leur argent » pour que les vaccins soient accessibles au plus grand nombre, une campagne mondiale qui devrait coûter « plusieurs milliards de dollars ».

La Commission européenne va organiser une conférence internationale le 4 mai afin de lever des fonds pour la recherche d’un vaccin et de traitements contre le nouveau coronavirus.

Mark Suzman s’est dit « raisonnablement optimiste » de voir un ou deux vaccins efficaces mis au point d’ici 12 à 18 mois, « avec la possibilité qu’on soit plus proche des 12 mois ».

La fondation a annoncé une contribution de 150 millions US pour financer la mise au point de diagnostics, de traitements et de vaccins, ainsi que le renforcement des systèmes de santé « en Afrique sub-saharienne, en Asie du Sud, en Haïti, au Yémen » où l’épidémie pourrait faire des ravages, selon M. Suzman.

Ce don s’ajoute aux 100 millions US déjà débloqués début février pour endiguer l’épidémie de pneumonie virale.

La fondation humanitaire de Bill et Melinda Gates est le deuxième contributeur en valeur absolue derrière les États-Unis, et le premier bailleur privé, de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), actuellement en pleine tourmente.

Le président américain Donald Trump a annoncé mardi suspendre la contribution de son pays à l’Organisation onusienne, qu’il accuse de « mauvaise gestion » et de « dissimulation » dans la pandémie partie de Chine fin 2019.

Cette décision est « dangereuse », a affirmé le cofondateur de Microsoft mercredi sur Twitter.

« L’OMS est un partenaire solide et fiable », a renchéri Mark Suzman.

Un vaccin pourrait permettre une « normalité »

Contre la COVID-19, « un vaccin sûr et efficace pourrait être le seul outil permettant un retour du monde à un sentiment de “normalité” », a estimé mercredi le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, en l’espérant avant la fin de l’année.

Un tel vaccin « sauverait des millions de vie et des milliards innombrables de dollars », a-t-il ajouté lors d’une visioconférence avec la cinquantaine de pays africains membres de l’Organisation. Il a plaidé pour une accélération de son développement et son accessibilité à tous. Il doit être « universel » et « permettre de contrôler la pandémie ».

« Nous avons besoin d’un effort ambitieux pour garantir […] une approche harmonisée, intégrée et optimisée afin de maximiser la vitesse et l’échelle nécessaires pour le déploiement universel d’un tel vaccin d’ici la fin de 2020 », a-t-il insisté.

Antonio Guterres a précisé que son appel le 25 mars à deux milliards de dollars de dons pour un vaste plan humanitaire de l’ONU en réponse à la pandémie avait permis de récolter jusqu’à présent « environ 20 % » de cette somme.

https://www.lapresse.ca

 

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