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L’Université de Tel-Aviv, en collaboration avec l’Association des Amis américains et des Amis français et francophones de l’Université, a organisé une conférence en ligne multidisciplinaire sur le thème : « Le Corona et moi : surmonter la crise ». Le professeur Leonardo Leiderman, de l’Ecole d’économie et de l’Ecole de Gestion de l’université a abordé les modalités financières et économiques de la crise.

« Heureusement pour nous, le monde n’était pas en période de récession économique lorsque l’épidémie s’est déclarée », explique le Prof. Leonardo Leiderman, également conseiller économique en chef de la Banque Hapoalim.

« Il faut d’abord bien sûr résoudre le problème médical. En Chine, au Japon, à Singapour, certains secteurs de l’économie ont retrouvé 70 à 80% de leurs activités. Le problème restant est celui des marchés extérieurs. La situation de l’Europe, par contre, est très préoccupante. Lorsque nous reviendrons à la normale sur le plan médical, cela prendre encore du temps pour que cela soit vrai également pour l’économie.

En Italie, en France, en Espagne, en Allemagne, il faudra un ou deux ans pour que l’économie s’en remette. Certains pays du Moyen-Orient vont être impactés négativement. L’Iran, déjà touché auparavant, va connaitre de plus en plus de problèmes sociaux et économiques. Par ailleurs, la Russie et l’Arabie saoudite se sont livrées récemment à une guerre des prix du pétrole qui a abouti à une chute spectaculaire en Bourse. Pour les pays exportateurs, il s’agit d’un drame supplémentaire. De plus en plus d’Etats vont avoir besoin de recourir à une assistance internationale. Par contre, les pays seront plus intéressés par leur propre situation intérieure que par le reste ».

Que peuvent faire les gouvernements pour éviter la récession ?

« Alléger le choc économique en déversant des liquidités sur le marché pour ne pas arriver à une panique bancaire similaire à celle de la crise de 1929. C’est ce qu’on fait les banques centrales en 2008, et c’est ce qu’elles sont en train de faire actuellement. Et il est également nécessaire d’ouvrir des lignes de crédit. Le plus gros problème se situe aux Etats-Unis, où le système social et celui de la médecine publique sont quasi-inexistants.

De plus, le danger le plus immédiat est évidemment celui du chômage. On ne peut bien sûr pas obliger les entreprises à employer leur personnel, mais alors on se repose sur les assurance sociales, qui aux Etats-Unis sont inexistantes. Il est nécessaire de mettre en place un ensemble global de mesures économiques, et les gouvernements sont en retard sur ce point. La crise de 1929 c’est développé en raison du manque d’action des Banques centrales et des gouvernements ».

La crise ouvrira-t-elle des opportunités positives pour l’économie ?

« Il est encore trop tôt pour le savoir. Le point positif est que cette crise à occasionné un retour aux fondamentaux : la famille, la santé, la modestie, la solidarité, la communauté, la capacité à restreindre son standard de vie. C’est un éveil collectif. Nous nous rendons peu à peu compte des désastres naturels auxquels abouti le réchauffement global, comme les tsunamis ou les nouvelles maladies pandémiques, et nous nous posons la question : ‘sommes-nous prêts à les affronter en tant que société ?’ »

SOURCE : Site de l’Association française de l’Université de Tel-Aviv

https://www.coolamnews.com/les-previsions-economiques-de-lisraelien-leonardo-leiderman/

 

 

 

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