- Gagner la légitimité auprès des Juifs dans le monde entier et qui a été acquise par l’émancipation individuelle notamment en France en 1791, exprimée dans le projet révolutionnaire en Europe au XIXe siècle et dans le combat remporté du projet sioniste qui pense la nation juive comme une entité en terre d’Israël.
- Gagner la légitimité internationale dont le premier acte a été la Déclaration Balfour et sa ratification par la SDN en 1920 lors de la Conférence de San Remo. Un tournant qui a permis aux Nations de reconnaître le peuple juif jusque-là considéré comme une culture, une religion voire pour certains comme une « race ». Le deuxième acte majeur a été le plan de partage du 29 novembre 1947 qui prévoyait, dans la Palestine mandataire dont les jours venaient à expiration, la création de deux États l’un juif, l’autre arabe. Une légitimité appuyée par la reconnaissance des Nations Unies en mai 1949 de ce jeune État comme membre de son assemblée générale.
- Gagner la légitimité d’Israël par le monde arabe et par les Palestiniens. Cette dernière épreuve reste le défi majeur même si des avancées sont à considérer avec les accords de paix qui ont été signés avec l’Égypte et la Jordanie. Des accords fragilisés par moments mais qui, depuis 40 ans, n’ont pas été altérés malgré deux guerres du Liban, deux guerres à Gaza et deux Intifada. On peut donc considérer que des relations avec le monde arabe peuvent être nouées quand bien même le problème palestinien subsiste.
Pour les 70 ans d’Israël une conférence importante à eu lieu l’an dernierà Lyon. Le CRIF AUVERGNE-RHÔNE-ALPES avait été à l’initiative de cette rencontre. A la demande de nos lecteurs nous transmettons le texte de synthèse réalisé par Sylvie Altar, secrétaire générale du CRIF Auvergne Rhône-Alpes:
Le CRIF Auvergne-Rhône-Alpes a célébré l’an dernier les 70 ans de l’État d’Israël, à l’Hôtel de Région, en présence de nombreux invités et de personnalités dont le Maire de Lyon George Képénékian représentant également la Métropole de Lyon et Ido Bromberg, directeur des relations publiques à l’ambassade d’Israël,.
Pierre Bérat, conseiller régional, qui représentait Laurent Wauquiez président de la Région, a accueilli chaleureusement cet événement ainsi que les personnalités qui ont honoré le CRIF ARA de leur présence et leur sympathie pour Israël : les consuls d’Allemagne, d’Espagne et de Roumanie, Marie-Danièle Campion rectrice d’académie, chancelière des universités de Lyon et la région, Eric Maurincome président de l’INSA, Jean-Dominique Durand adjoint au maire de Lyon, Jean Paul Chich adjoint au maire de Villeurbanne,…
Les associations de la région ont aussi participé à cet anniversaire à commencer par Alain Sebban président du Consistoire régional, Benjamin Orenstein président d’honneur de l’Amicale des anciens déportés d’Auschwitz, Hubert Boulet délégué général du Souvenir Français, Roland Minodier délégué départemental de soutien à l’armée française, Jean Massonnet président des Amitiés judéo-chrétiennes de Lyon, Delphine Baya présidente de l’AMAF, le pasteur Daniel Thévenet, …
Les discours de bienvenue prononcés dans l’impressionnant amphithéâtre de l’Hôtel de Région ont salué la longue amitié franco-israélienne tissée par des échanges économiques (en 2017, les exportations de la Région vers Israël ont progressé de 9% ), par des partages culturels que la nouvelle saison croisée France-Israël intensifie et par le jumelage ancien, depuis 36 ans, de la capitale des Gaules avec la ville de Beer Sheva.
Chacun n’a pu s’empêcher de rappeler le paradoxe d’un État relativement jeune mais dont l’aspiration est millénaire. G. Képénékian a tout particulièrement insisté sur l’idée que pour comprendre la puissance des liens qui relient les Juifs à Israël il faut avoir à l’esprit comme le dit Élie Barnavi « un minimum d’intelligence historique ». L’odyssée du peuple juif ; la Bible et la Terre promise, le Sionisme, la Shoah, les guerres d’indépendance etc., légitime l’État d’Israël qui « n’est pas né de rien ».
Chacun a salué la seule démocratie prospère que représente Israël dans un environnement hostile, une démocratie qui s’est construite de surcroît en intégrant au fil des ans toute la diversité diasporique. Et chacun a rappelé combien Israël est un pays moderne reconnu pour sa capacité d’innovation, « un pays si petit soit-il, qui semble par moment être au centre du monde » comme comme l’a rappelé Nicole Bornstein. Israël est admiré par les uns, vilipendé par d’autres, mais Ido Bromberg exprime avec justesse comment son pays se préoccupe de construire des ponts entre les peuples et à l’intérieur même de la société israélienne en encourageant l’esprit d’entreprise et la collaboration technologique dans tous les domaines et à toutes les échelles, des initiatives qui sont alors des armes pour relever les défis du vivre ensemble et de la paix.
Ces discours ont précédé deux brillants exposés d’universitaires français et israéliens qui ont donné à voir et à penser Israël autrement. Plus de 250 personnes ont tout d’abord écouté avec attention l’exposé tout en nuance de Denis Charbit, maître de conférences au département de sociologie, Science Politique et Communication à l’Université ouverte d’Israël, qui a proposé un « bilan raisonné de ce jeune État » sous l’intitulé : Israël 1948-2018 : Les épreuves, les acquis, les défis.
Denis Charbit a proposé un récit problématisé des 70 ans de ce pays qui attise les passions en démontrant ce qui a été accompli et ce qu’il reste à faire.
Il a tout d’abord exposé les trois grandes épreuves qu’Israël a dû ou doit encore relever :
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