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Souvent présentée comme la Startup Nation, Israël héberge entre 5000 et 7000 startups. Celles-ci ont levé environ 4,8 Md$ en 2016, soit 11% de plus qu’en 2015. Plus de 85% de ces fonds sont d’origine étrangère, au deux tiers américaine et au quart chinoise. Les exits (rachats, introductions en bourse, etc.) ont représenté en 2016 plus de 10 Md$ sur 96 opérations (9 Md$ en 2015). En 2017, l’acquisition de Mobileye par Intel pour 15,3 Md$ constitue le plus important rachat d’une startup créée en Israël. Bien que de taille modeste à l’échelle internationale, son écosystème est largement reconnu dans les classements internationaux sur l’innovation. Sa densité est unique : Israël se classe en première position mondiale dès lors que l’on rapporte les chiffres de l’écosystème à la population du pays ou à son PIB. Ainsi par exemple, 423 $ par habitant ont été investis dans les startups en Israël en 2015 contre 186 $ aux États-Unis et  16$ en Europe.
Après s’être concentrée dans la défense, les télécommunications et internet, l’innovation israélienne a désormais largement étendu ses domaines d’excellence : cyber sécurité, fintech, automobile, environnement, santé numérique, etc. 4% du PIB se trouve consacré à la R&D depuis plus d’une dizaine d’années, voire plus que 5% si l’on tient compte de la R&D dans le domaine de la défense. L’autorité israélienne de l’innovation est l’opérateur quasi-exclusif des soutiens publics à l’innovation civile, avec environ 400 M$ de budget d’intervention pour soutenir la R&D. Elle met en œuvre également les incitations fiscales accordées aux entreprises réalisent de la R&D en Israël.
La réussite d’Israël dans ce domaine tient à un mélange de facteurs : tout d’abord l’abondance du financement privé pour les phases initiales des startups, la qualité du capital humain (formations universitaires d’excellence, service militaire obligatoire dans des unités technologiques, etc.), la présence de plus de 300 centres de R&D de multinationales qui réalisent plus du tiers de la dépense en R&D du pays, ainsi que des dispositions culturelles ou sociales (valorisation de la prise de risque et de l’esprit d’entreprise, etc.). Le mot écosystème paraît particulièrement adapté pour désigner la concentration des acteurs et des structures (accélérateurs, incubateurs, coworking, etc.) d’innovation autour de Tel Aviv ; les relations interpersonnelles de ce « petit monde » jouent  en outre un rôle fondamental dans son efficacité.
Développer des liens entre acteurs français et israéliens de l’innovation contribuerait à dynamiser et à internationaliser les écosystèmes français. En outre, l’innovation israélienne peut apporter aux entreprises françaises des briques technologiques en faveur de leur compétitivité sur les marchés internationaux. Plusieurs dispositifs ont été mis en place aux fins d’enrichir les échanges bilatéraux et de promouvoir l’innovation française, à l’image de l’accord-cadre France-Israël R&D (FIRAD) pour le financement de projets d’innovation bilatéraux (www.franceisrael-rd.com) ou encore du French Tech hub Israël (www.frenchtechil.com).
Source : https://www.tresor.economie.gouv.fr/Ressources/17295_linnovation-israelienne
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