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La Silicon Valley et son influence mondiale. Impossible de ne pas connaître la Silicon Valley en 2022 ! Située dans la baie de San Francisco, c’est la plus grande technopôle du monde. Elle compte 6 000 entreprises de haute technologie et bénéficie du rayonnement des universités Stanford et Berkeley.

La Silicon Valley est devenue ce qu’elle est aujourd’hui grâce à un habitat propice à l’innovation. Sa force réside dans l’existence de ce milieu favorable à la transformation des idées en produits et à la création de nouvelles entreprises, attirées par l’aura de la Valley.

Si la Silicon Valley a de l’avance sur les autres technopôles mondiales, d’autres pôles de technologies se développent rapidement pour un jour, peut-être, concurrencer la Valley américaine.Les ingrédients d’une Silicon Valley

Avec son fonds d’investissement Tekton Ventures, Vincent Worms investit dans le monde entier. Dans la Silicon Valley bien sûr, mais également dans d’autres technopôles de Chine, de Corée du Sud, d’Inde, d’Europe, d’Israël…

D’après lui, plusieurs ingrédients sont indispensables à l’émergence d’un équivalent de Silicon Valley :

“C’est une affaire de concentration. Il faut mettre dans un endroit géographiquement restreint des capitaux humains, des moyens financiers, des moyens universitaires, des services aux entreprises, du venture capital… Avoir un grand nombre d’acteurs qui travaillent ensemble est indispensable, et ce n’est pas si simple à faire ! Si vous atteignez un seuil critique, cela produira une énergie porteuse”.

En plus de ces composantes phares, ce qui aide ces autres technopôles, est l’existence d’un partenariat fort avec la Silicon Valley. Par exemple, les start-up israéliennes ont majoritairement un directeur général basé aux États-Unis, ce qui facilite leur développement mondial.

Enfin, le succès engendre le succès. Une technopôle d’importance attire des étudiants du monde entier, de nouvelles entreprises, des investisseurs… Le succès se concentre au sommet.

“Les autres technopôles essaient de répliquer cette concentration, mais il est très difficile d’atteindre le niveau d’avancement de la Silicon Valley, qui couvre de multiples secteurs. Cela dit, les progrès sont énormes, surtout en Europe !”, affirme Vincent Worms.

Les grandes technopôles mondiales.

Vincent Worms investit dans les 5 continents, dans différentes zones géographiques, mais pour des raisons variées. Chaque zone a ses propres atouts. Quand l’Israël est connu pour la DefenseTech, la Corée du Sud sait construire des marketplaces qui seront rapidement adoptées par toute la population. Tour d’horizon des Silicon Valley dans le monde.

Shenzhen, la Silicon Valley chinoise.

Shenzhen, ancien village de pêcheurs, est aujourd’hui une des premières smart cities au monde. “Par sa taille et sa capacité technologique, la Chine a créé une communauté avec de grandes sociétés technologiques. Shenzhen est surtout reconnue dans le domaine industriel”, explique Vincent Worms.

Le succès de Shenzhen est le reflet de la taille de l’économie chinoise et de son marché intérieur. Le marché est un facteur essentiel pour créer des technopôles. Mais ce n’est pas la seule simili-Silicon Valley de Chine !

Zhongguancun est également l’un des épicentres de la tech chinoise. C’est un quartier de Pékin qui a réussi à attirer bon nombre d’entreprises et de start-up chinoises. Il comprend 2 universités : Pékin et Tsinghua. Le gouvernement appelle Zhongguancun “l’innovation indépendante”, du fait de sa capacité à innover et à créer des produits high tech, plutôt que simplement copier les entreprises de la Silicon Valley.

La Silicon Wadi de Tel-Aviv.

A Tel-Aviv, Vincent Worms met en avant la qualité des entreprises liées à la Defense Tech et à la cybersécurité. “C’est un secteur très concentré et donc, très puissant”, affirme t-il.

En seulement 10 ans, pas moins de 4000 start-up ont été créées en Israël. C’est-à-dire une start-up pour 2000 habitants : la densité la plus élevée au monde ! Elles sont regroupées dans ce qu’on appelle la “Silicon Wadi”, qui signifie vallée en hébreu. Elle s’étend sur une bonne partie du territoire israëlien.

Le gouvernement porte ce développement en investissant 5% du PIB du pays dans la R&D, et en créant une vingtaine d’incubateurs d’entreprises afin de favoriser l’entrepreneuriat.

L’Europe, terre fertile de start-up.

“En Europe, nous investissons dans plusieurs technopôles importantes, notamment en Angleterre, en Allemagne et en France, affirme Vincent Worms. Chaque pays possède ses propres secteurs en croissance. S’il est encore difficile pour l’Europe de répliquer le modèle de la Silicon Valley, les progrès sont énormes en 15 ans”.

En Allemagne, la Bavière propulse Munich comme épicentre technologique européen. Grâce à un fort investissement dans l’industrie de pointe et dans l’éducation, Munich est devenu le principal hub high-tech d’Europe. Plus de 55 000 personnes travaillent dans la R&D à Munich : c’est la ville qui compte le plus grand nombre de dépôts de brevets technologiques par habitant en Allemagne.

Autour de Cambridge, la prestigieuse université anglaise, s’est formée la Silicon Fen. 1 500 entreprises de haute technologie se sont implantées près de Cambridge.

La France, quant à elle, compte plusieurs technopôles, dont Sophia Antipolis et Saclay. Si Vincent Worms connaît mal Sophia Antipolis, pourtant première technopôle d’Europe avec ses 2 500 entreprises, il mise beaucoup sur le plateau de Saclay.

“Saclay coche tous les critères pour devenir une Silicon Valley. Il a les universités, notamment l’École polytechnique, et la forte implantation d’entreprises technologiques”, explique t-il.

Bangalore, le regroupement de start-up indiennes.

Dans les années 1970, Bangalore est devenue la capitale high-tech de l’Inde, notamment du fait de l’installation de filiales d’entreprises américaines. L’énergie qui se dégage de Bangalore a ensuite attiré les leaders indiens du web, puis les start-up locales.

La taille du marché indien est un avantage incontestable pour le développement des start-up à Bangalore, qui compte à elle seule 12 millions d’habitants. Elle dispose désormais de plusieurs licornes.

“Nous investissons avec Tekton Ventures à Bangalore, il y a une grande concentration d’entreprises technologiques. Mais les succès sont encore trop récents pour qu’elle concurrence les plus grandes technopôles mondiales”, déclare Vincent Worms.

Où investir : la méthodologie de Tekton Ventures.

Vincent Worms explique avoir une méthodologie rodée, bâtie sur plus de 40 ans d’expérience d’investissement dans le monde.

“90% des projets sont éliminés en fonction de leur crédibilité. Nous organisons des rencontres avec les projets crédibles, où nos critères permettent d’éliminer à nouveau 80% de la liste. Pour faire nos choix, nous nous basons sur le marché, la concurrence, le degré capitalistique ou encore le background des entrepreneurs. La dernière phase de sélection est ensuite plus subjective”, explique Vincent Worms.

Selon lui, les secteurs mondiaux en grande croissance sont les suivants :

  • L’environnement et le climat ;
  • La Foodtech ;
  • Le web 3.0 ;
  • La Biotech et la Medtech.

Parcours de Vincent Worms

Après l’obtention de son master à l’École polytechnique en 1974, Vincent Worms quitte la France pour étudier l’ingénierie au MIT. Il entre rapidement dans le monde de la finance chez Partech International, où il restera Managing Partner durant 30 ans. Le venture capital n’ayant aucune équivalence en France à l’époque, il effectue toute sa carrière aux États-Unis, avec beaucoup d’énergie et de passion.

En 2011, il décide de laisser les rênes de Partech International à la nouvelle génération et de créer son propre fonds d’amorçage : Tekton Ventures. C’est une fondation familiale, non ouverte aux investisseurs extérieurs.

Depuis 2004, il est également président de Kadist, sa fondation dédiée à l’art contemporain à San Francisco et à Paris. De la même façon que Tekton Ventures joue un rôle dans la société en investissant dans des start-up prometteuses, l’objectif de Kadist est de faire connaître le travail d’artistes des 5 continents, encore peu connus, grâce à des collections larges et représentatives du monde entier.

/www.polytechnique.edu

 

 

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