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L’historien et ancien député travailliste Michel Bar-Zohar vient de sortir un ouvrage (co-écrit avec Nissim Mishal, éditions Saint-Simon) consacré aux femmes qui occupent une place prépondérante dans les services secrets d’Israël. Aujourd’hui, elles composent plus de 40 % des unités opérationnelles du Mossad, elles sont cybernéticiennes, cryptologues, cheffes de division, voire participent à des assassinats ciblés.

À travers les portraits de 20 « guerrières », Michel Bar-Zohar raconte l’histoire de ces femmes qui sont à l’origine des faits d’armes les plus emblématiques du service : l’enlèvement du nazi Adolf Eichmann en 1960 en Argentine, l’exécution des Palestiniens responsables du massacre de sportifs israéliens aux Jeux olympiques de Munich en 1972, le vol des archives du programme nucléaire militaire iranien en 2018 au nez et à la barbe des mollahs…

Plusieurs étaient étrangères. La Canadienne Yael recueillit à Bagdad des renseignements qui permirent à Tsahal de bombarder en 1981 le réacteur nucléaire construit par Saddam Hussein avec l’aide de la France. L’ex-soixante-huitarde française Danielle fut cheffe instructrice au Césarée, le service action du Mossad, et joue encore de la guitare sur scène, sous un pseudonyme, depuis qu’elle a pris sa retraite. L’Uruguayenne Isabelle Pedro, toujours perchée sur ses stilettos, séjourna trois ans, dans les années 1960, au Caire, où elle déroba des secrets militaires égyptiens. L’Allemande Yola, la « reine du désert », passa plusieurs années clandestinement au Soudan, sous le couvert de diriger un club de plongée, afin d’organiser l’émigration vers Israël des Juifs éthiopiens.

Contrairement à une légende, le Mossad préfère embaucher des femmes au physique insignifiant. Elles se font moins remarquer que des beautés ravageuses. Et jamais, assure Michel Bar-Zohar, le service ne leur demande d’user de leurs charmes physiques en mission. Une exception fut l’Américaine Cheryl Bentov, alias « Cindy », qui séduisit à Londres le technicien nucléaire israélien Mordechai Vanunu pour l’attirer à Rome, où il fut enlevé et transporté en Israël par le Mossad. Il y passa dix-huit ans en prison pour avoir révélé à la presse britannique des détails sur le programme nucléaire militaire du pays. Grillée par sa mission, amère d’avoir été manipulée, Cheryl Bentov obtint du Mossad une compensation financière et repartit aux États-Unis, où elle vit toujours.

À en croire les auteurs, les femmes font souvent preuve en opération de qualités d’audace et de témérité qui ne le cèdent en rien à leurs collègues masculins.

Peu considérées dans les premières années de l’existence d’Israël, elles se sont imposées grâce à leurs exploits comme des fonctionnaires exemplaires. Elles ont grimpé petit à petit les échelons du service et y occupent aujourd’hui des postes clé.

Source : Le Point

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