ISRAELVALLEY - "TO BE JUIF, OR NOT TO BE" - JULIEN BAHLOUL A ASSISTE A LA CONFERENCE DE SHIMON PERES. Jérusalem a récupéré la place qu’elle occupait sur les cartes.
Julien Bahloul a été journaliste pour IsraelValley à son arrivée en Israël. Il collabore actuellement avec Guysen News à Jérusalem. Julien Bahloul : "J’ai lu des dizaines de livres sur la question. J’ai vu des films, assisté ou pris part à des débats. Et pourtant, la question « qu’est-ce qu’être juif ? » m’est toujours autant difficile à répondre. Cette semaine j’ai eu la chance d’être l’envoyé spécial de Guysen International News à la Conférence du président Pérès à Jérusalem. Au-delà de la qualité des intervenants, ce qu’il s’est passé était totalement inouï.
Voir ces chefs d’Etat, stars, patrons, ministres, philosophes, écrivains, professeurs, venir ici à Jérusalem pour rendre, chacun leur tour, hommage au président israélien et au génie israélien était tout simplement incroyable.
L’intelligence avec laquelle Shimon Pérès a utilisé sa notoriété internationale pour la mettre au service d’Israël est tout simplement époustouflante. Grâce à lui, pendant trois jours, Jérusalem a récupéré la place qu’elle occupait sur les cartes de géographie du Moyen-Age : le centre du monde.
M. le président a rétabli l’ordre des choses. Jérusalem est le coeur de l’Humanité, son berceau et son avenir. Quel bonheur de voir l’élite mondiale dans la plus grande salle du palais des congrès se lever pour accueillir Shimon Pérès et, surtout, se lever pour écouter avec respect la chanteuse Noa entonner l’Hatikva, l’hymne national tandis que dans le même temps le drapeau israélien était projeté sur les écrans.
En écoutant les conférences dédiées au lien entre la diaspora et Israël ou encore celles sur l’avenir des Juifs d’Europe, j’ai compris. En écoutant avec émotion Anton Nossik affirmer que la communauté juive de Russie va disparaître avant que ses petits-enfants ne voient le monde, j’ai compris.
Être juif c’est appartenir à une histoire dont la mémoire et l’avenir incombe à chacun d’entre nous. C’est faire partie d’un peuple immense qui brille par sa diversité mais dont, en réalité, ses différentes versions forment les organes d’un seul et même corps.
Car si nous n’étions pas tous liés par un même destin, si nous n’appartenions pas au même peuple, comment pourrait-on expliquer le fait que, de par le monde, les communautés juives se mobilisent pour faire libérer Guilad Shalit ? Pourquoi des milliers de Juifs, qui n’ont jamais rencontré ce jeune homme, se donneraient elles la peine de prier et de manifester pour lui si ce n’est justement parce qu’ils sentent leur destin lié à celui du soldat Shalit ?
Guilad. Demain cela fera cinq ans que le Hamas t’a kidnappé et qu’il te refuse le moindre droit. Cinq ans que tu croupis quelque part dans la Bande de Gaza, otage d’islamistes. Cinq ans que ta chaise reste vide aux repas de shabbat. Mais aussi cinq ans que ton visage s’est inscrit dans tous nos esprits.
Tu n’étais pas là pour voir cette conférence, mais pourtant tu étais partout. Dans chaque salle. Sur les lèvres de chaque conférencier. A l’entrée, sur les drapeaux des manifestants.
Shimon Pérès ne t’a pas oublié non plus. Il a saisi l’occasion de cette conférence pour attirer durant son discours l’attention des leaders mondiaux sur son ton sort. Peut-être pas de manière assez forte. J’aurais aimé voir ton frère débarquer une nouvelle fois sur scène, comme il l’a fait lors des cérémonies en hommage aux soldats tombés au front, pour crier au monde la détresse de ta famille. L’exploit ne s’est donc pas reproduit.
J’ignore quand tu reverras la lumière du jour. Même si mes mots ne te rendront pas ta liberté, je peux te garantir une chose : aussi longtemps que tes semblables se sentiront juifs, ils continueront de se battre pour toi car ils se sentiront concernés par ta survie.
Cette semaine grâce à Shimon Pérès j’ai donc compris. Être juif c’est se soucier du destin de gens dont on ne connaît rien, mais dont on sait qu’ils sont, d’une manière ou d’une autre, de notre famille. C’est donc se soucier du sort des Juifs de Russie sans avoir jamais mis les pieds dans ce pays.
Être juif c’est être incarner une partie de l’avenir de l’Humanité, avec tous les devoirs et responsabilités que cela sous entend… Grâce à Shimon Pérès, j’en ai pris conscience.
Pour tout cela, merci monsieur le président."
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La ville de Jérusalem porte 70 noms en regard des 70 noms du D. d’Israël, selon la parole de nos sages. Le nombre élevé de noms qui ont été donnés à Jérusalem montre le statut particulier et l’importance qui la caractérisent en Israël et parmi les peuples de la terre.
Le nom « Yeroushalaïm » apparaît 656 fois dans les versets de la Bible, le plus souvent sous sa forme restreinte (sans le youd avant le mèm final) et trois fois seulement sous sa forme pleine. Dans des écrits encore plus anciens, on trouve le nom « Ourousamem » et aussi « Ourousalim ».
La source du nom Yeroushalaïm n’est pas connue mais les explications du mot sont nombreuses. On pense que l’origine du nom se trouve dans les mots Yerou (il a fondé) et Chalem (nom du D. du lieu), c’est-à-dire : le D. des origines, Chalem a fondé la ville. Dans le passé, on a pensé que l’origine du nom était Ir Hashalom, la ville de la paix. Les récits talmudiques (la aggadah) ont pensé que le nom était construit à l’aide des deux mots Yiré et Chalem. Une autre aggadah dit que la source du mot réside dans le mot yeroushah (héritage). Jérusalem est l’héritage de D. Et d’aucuns disent : yerousha leolam, c’est-à-dire « héritage pour toujours », en d’autres termes : Jérusalem est l’héritage du peuple d’Israël pour toujours.
Le nom de la ville de Jérusalem est passé dans toutes les langues du monde. Les Grecs l’ont appelé Yerousalima ou Irosalima et y ont vu le mot « Iro » qui, pour eux, signifie « sainte ». Les Arabes appellent la ville Alqouds qui veut dire « le saint », et aussi Oursalim.
Le chercheur Zeev Vilnaï a recueilli dans son livre Yeroushalaïm birat Israël (Jérusalem capitale d’Israël) paru aux Editions Ahièvè à Jérusalem, plus de 70 noms, périphrases et dénominations en hébreu pour désigner la ville, sans compter les noms dans les autres langues. En voici quelques-uns : Shalem, Tsion, Yevous (ancien nom de Jérusalem), Ir David, HaÏr, Ariel, Ir Elokim, Ir hakodesh, Har hakodesh, Kedosh Israël, Kiriat moëd (cité de réunion), Ir Yehouda, Ir hatsedek, Ir haémeth, Ir kivrot avot (ville des tombes des pères), Ir houbra yahdav (ville de l’harmonieuse unité), Ir hayona (ville de la colombe), Kiriat meleh rav (cité du grand roi), Kiriat Hana David (cité où David a campé), Kiria néemana (cité fidèle), Kiria aliza (cité joyeuse), Yefé nof (beau paysage), Rabati am (la très populeuse), Rabati bagoyim (grande parmi les peuples), Nevé shaanan (résidence paisible), Aaliva, Heftsiva (la désirée), Nahala (héritage), Haïm (vie), Guila (allégresse), Eyn haolam (œil du monde), Or haolam (lumière du monde), Beth El (maison de D.), Ir shel zahav (ville d’or),
Jérusalem, ville une et singulière aux noms et aux aspirations plurielles.
Article de Tsipi Mazar paru dans le « Chaar lamathil » n°1493 du 27 mai 2008 page 14rntraduit et adapté par
Samuel Nathan
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